Night Call

Un film fascinant. Le spectateur ne sait pas où se placer. Non pas vis-à-vis du voyeurisme journalistique auquel prend part le héros, sans empathie pour ses semblables. Mais bien vis à vis de ce héros justement, qui sait si bien nous fasciner dans le bon comme dans le mauvais. Fascinant dans son absence totale d’état d’âme, fascinant dans sa faculté à corrompre les esprits, fascinant dans ses efforts pour devenir quelqu’un de normal (du moins au début), mais également fascinant dans son mode de raisonnement si rationaliste et si assumé.

Dans son incompréhension à ressentir ce que chacun ressent devant un drame. Mais ça, qu’importe. C’est ce que l’on attend de voir en regardant un film sur ces chasseurs de scoop, à l’affût du moindre accident aux abords de L.A., du sang, du drame, de belles images. On jubile de pouvoir éprouver du dégoût pour ces personnages. On ne veut que les détester, en se félicitant qu’ils soient présentés ainsi, voraces et avides, que l’on puisse bien les mépriser comme il faut.
Mais Jake Gyllenhaal, aidé par de formidables dialogues et un grand jeu de séduction avec sa productrice (grande René Russo), tire la quintessence de ce rôle, qui aurait pu tomber dans le cliché le plus méprisable. Il arrive à nous scotcher, subjugué par ce personnage sombre, qui poursuit un dessein encore plus sombre, mais à qui -jusqu’à la fin du film- on ne saurait prédire un destin au fond des égouts, ou dans la lumière.

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