Monster

fond[1]

Si Urasawa dispose déjà d’une renommée certaine dans l’univers du manga en 95, ce bourreau de travail reste jusqu’alors « cantonné » à des réalisations adolescentes. Monster lui permet enfin de s’affirmer dans des histoires complexes et des thématiques adultes.

Ce manga étalé sur 18 tomes raconte la traque du Dr Tenma par la police qui le suspecte de meurtre. Si Monsieur Tenma fait l’école buissonnière, c’est qu’il connait le vrai coupable : Johann, un jeune garçon dont il a sauvé la vie quelques années auparavant. Un être parfait, en tout point, mais surtout d’une intelligence et d’un sens de la manipulation rare. Johann. Le Monstre. Le Diable. Le nouveau Hitler.

Bourré de remords et pourchassé, Kenzo Tenma va alors décider de remonter la piste menant à Johann, un être invisible et inconnu dont il est le seul à croire en l’existence, et dont il ne percoit que les dramatiques repercussions de ses passages.S’ensuit une course poursuite à plusieurs niveaux, où vont -et ce sera l’une des grandes forces de Urasawa- se méler un nombre considerable de personnages secondaires et de sous intrigues.

Entre Le Fugitif (pour la traque) et Seven (pour la psychologie du tueur), Monster a peiné à me convaincre aux premiers tomes. L’architecture de l’intrigue, passant de ville en ville pour y dénouer une petite histoire à chaque fois me paraissait classique et sans génie. Ce n’est qu’après que j’ai compris qu’il s’agissait là de l’établissement des fondations d’une histoire riche et complexe, où les nombreux éléments des premiers tomes reviendront tout au long de la suite de l’aventure.

Si Monster reprend avec brio de nombreux éléments qui feront la notoriété d’Urasawa (ses personnages secondaires, ses intrigues à tiroir, ses mises en abime avec le lecteur), je lui préfererai finalement 20th Century Boy pour son histoire plus ambitieuse en terme d’ampleur. Mais egalement pour son coté plus rock’n’roll. Et enfin pour tout le fantastique qui l’entoure, comme d’autres mangas de l’écrivain, à commencer par Billy Bat et Pluto. Néanmoins, à vivre comme un feuilleton complexe, Monster est clairement un coup de maître. Une preuve incontestée que le manga peut être adulte et stimuler l’intelligence du lecteur.

Un bon moyen de découvrir l’oeuvre et la vie de Naoki Urasawa est l’écoute du podcast dédié de Mangacast : http://www.mangacast.fr/emissions/emissions-de-2013/mangacast-n06-dossier-naoki-urasawa-portrait-dun-monstre-du-manga-invite-alexis-orsini-labasesecrete-fr/ . Complet et révélant un nombre important d’anecdotes permettant de mieux cerner l’écrivain.

3 commentaires à propos de “Monster

  1. Monster, ça déboite. Tu as eu le petit livre « jeunesse » qui raconte le conte de l’enfant monstre ? Ne reste plus qu’à te mettre à Twenty Century Boys maintenant, si ce n’est déjà fait 😉

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