Michel Ancel : Biographie d’un créateur de jeux vidéos français

S’il est plaisant de voir un développeur français bénéficier de sa biographie, peut être la cible n’était pas la bonne. Pas que d’autres auraient plus mérité, mais à 41 ans, Michel Ancel n’est qu’à la moitié de sa carrière ; et surtout, il est toujours dans le métier. Difficile alors d’avoir assez de recul sur ses jeux. Difficile d’avec assez d’éclairages différents et neutres pour retranscrire les situations et les événements qui jalonnèrent sa vie de développeur de jeux vidéos.
Tout le monde ne peut alors que se souvenir des bons souvenirs, des meilleurs moments, d’une expérience qui date d’il y a trois ans. Résultat, au fil des pages, on n’en apprend pas autant que l’on voudrait, on ne va pas assez en profondeur, sur les jeux qui jalonnèrent son parcours. Alors oui, nous comprenons assez vite que Ancel est perfectionniste, qu’il vit un projet à fond, qu’il en demande beaucoup à tout le monde, et que c’est un créatif à 200 pour cent. Les nombreuses interviews reviennent souvent sur l’homme. Mais Rayman, Rayman 2, Beyond Good & Evil, King Kong et les Lapins Crétins, tous ces titres sont à la fois largement décrits, et à la fois survolés en informations pertinentes. Généralement le développement a été dur, parsemé de quelques moments de rush et quelques remises en question. Et puis il a fallu défendre le projet auprès d’Ubi Soft. A de rares moments le livre se raccroche aux objectifs d’Ubi Soft à cette époque, aux enjeux du marché. A de trop rares moments l’on parle des équipes, des outils, de tous les détails d’une conception.
Cette biographie m’a semblé prématurée. Et d’autant plus lorsque, arrivé à la fin de l’ouvrage, l’on se rend compte qu’elle n’évoquera ni Rayman Origins, ni Rayman Legends.

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