Interstellar

Interstellar dure près de 3h. Mais Interstellar, c’est le nouveau Nolan, donc une curiosité en soi, qui se deroule dans l’espace. Et voir l’espace revenir à la mode des gros budgets, voila qui me met en joie !
Si les histoires des films de Nolan ne sont pas irréprochables, le scénariste/réalisateur sait véritablement insufler de l’ambition dans ses films. Un grain sérieux, réaliste, une histoire envoutante et des leviers scénaristiques clairs et interessants à suivre. Surtout, des ficelles d’histoire originales, qui se mettent véritablement au service de la réalisation, depuis quelques films. Inception permettait ainsi d’intégrer logiquement des scènes et des décors délirants, des histoires dans l’histoire, et des paramètres inédits dans certains scènes d’action (la gravité dans l’hotel). Ne remontons pas plus loin, les histoires précédentes ayant comme point commun de lier fondations réalistes et des détonateurs fantastiques (Le Prestige, The Following) ; mais avant cela l’histoire se mettait moins au service de la réalisation. Memento permet néanmoins un travail de montage interessant.

Il y a des défauts dans Interstellar. Des élipses étranges (le héros qui quitte tout en 15 minutes, alors qu’il n’y a pas de raison de se presser), des deus ex machina laborieux (la fin). Mais il y a un voyage interessant, une réalisation de maître, et une tension surprenante sur la gestion du temps qui file. Les scènes par webcam sont déchirantes, que vous soyez ou non parent. Mais j’ai toujours été sensible à la relation parent-enfant, certains réalisateurs m’ont bien cernés, et en profitent.
Il y a aussi une réalisation qui sait cerner ses modèles. Qui profite d’un Matthew Mcconaughey amaigri, qui semble sortir de True Detective, pour le filmer sous divers éclairages. Pour faire ressortir les facettes de ce profil osseux, les cavités de ces cernes, et ses pomettes proéminentes. Tout cela est très fortement marqué dans les scènes sur Terre, dans la Maison, et un peu délaissé ensuite.
Le souci provient de la fin. A l’instar de Gravity, l’histoire nous bloque de plus en plus dans une impasse. Suivre nos héros continue à nous passionner, mais au fond de nous, après 2h, nous sentons la fin de toute cette expedition inéluctable. Sans spoiler disons que toutes les options s’épuisent. Et si Inception avait une fin en apotéose, critiquable mais que tout le film s’évertuait à constuire, si Le Prestige avait un final dantesque et bourré de révélations, celui de Interstellar est en demi-teinte. Du fantastique dans un film qui se voulait à peu près réaliste. Il faut savoir le digérer. Mais le voyage valait le coup.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.