Berserk

J’aime beaucoup le podcast de jeu vidéo Zqsd. S’il est tenu par des journalistes de presse papier, il faut avouer qu’ils savent aussi transmettre leurs peurs, leurs appréhensions, et leurs découvertes avec passion à l’oral. Parmi eux, Deez y joue le rôle de Schtroumpf grincheux avec une rigueur passionnée. Grincheux est toujours un peu désabusé par les annonces, ne croient que rarement aux promesses, et se satisfait peu des titres sortis. Pourtant, au fil de ces années à refréner les ardeurs de ces confrères, avec tout le pince-sans-rire et la bougonnerie qui font de cet être un personnage truculent et sympathique, il y a -de mémoire- deux œuvres sur lesquelles il se dérida soudainement, avec une verve et une loquacité stimulée par l’enthousiasme. La première était un romain russe, « Le Prince et Marguerite » de Boulgakov (bon en l’écrivant je me demande s’il ne s’agissait pas Hoopy). Si l’accouchement  de ce roman et la vie de son auteur sont assez sidérants, j’aurai mis plus de 6 mois à lire cette histoire opaque et lente, que je ne garde vraiment pas dans mon cœur et dont je cherche encore les clés de la compréhension, en plus de la certitude d’un manque de rythme évident. La 2e, la voici, il s’agit de l’animé Berserk, tiré du manga éponyme. Doté d’un budget important, et réalisé en 3 parties, l’anime -d’après Deez- respectait l’esprit du manga médiéval/fantastique. La puissance de son héros, la violence physique sans concession du manga, pour 3h30 de film reprenant les parties les plus intéressantes de l’histoire.
Non-lecteur du manga, j’ai choisi la vision de l’anime pour me donner un point de vue rapide sur cette saga manga parfois encensée. Mon bilan sans concession de ces 3 h : la première heure 30 m’a paru très quelconque, avec quelques combats sympas, mais de nombreuses lenteurs, la réalisation n’arrivant jamais à nous présenter les 3 personnages (Guts, Griffith, Casca) et leurs relations de façon crédible. Pourtant, on s’y attarde sur ces relations, avec de plus en plus de lourdeur, et ça ne passe pas.
Quant à la dernière heure 30, elle s’est fini en supplice. Après 30 minutes à pleurer la mort du chef Griffith, qui laisse Guts et Casca en deuil et désœuvrés, le film part dans un tourbillon de what the fuck peut être compréhensible pour qui a lu les nombreux tomes du manga, mais incompréhensible et désagréables pour un néophyte Un patchwork de divinités, de visions cauchemardesques et de décisions sorties de nul part (Griffith qui sacrifie tout le monde pour son propre dessein. What?) qui virent à la série Z. En plus d’éclipser complètement les considérations politiques que la première heure 30 avait voulu à tout prix nous inculquer. Pour rien en fait.

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